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13 février 2011

ECLAIR (ex-RAR) : AUDIENCE AVEC CHRISTIAN NIQUE

Le SNUipp avec les autres syndicats de la FSU (SNES et SNEP) a été reçu mercredi 2 février par Christian Nique, ancien recteur de Nice, chargé de mission pour mettre en place les ECLAIR.
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Le SNUipp a dénoncé le fait d’apprendre le projet d’extension des CLAIR aux écoles primaires par voie de presse. Le SNUipp a réaffirmé son opposition à toute déréglementation statutaire et à tout démantèlement de l’éducation prioritaire. Si Christian Nique reconnaît des maladresses au départ et notamment l’affichage sécuritaire lors des états généraux, il affiche aujourd’hui un changement de cap. Il indique à cet effet que la circulaire du 22 juillet aurait besoin d’être toilettée car elle pose des problèmes. Il ne peut pas garantir l’écriture d’une nouvelle circulaire par la DGESCO mais il essaiera de peser sur son contenu s’il y en a une.

Pour C. Nique, le programme CLAIR doit développer des nouveaux outils afin d’actionner trois leviers :

− la notion de projet, dans les établissements reconnus « très difficiles » : une réponse locale est nécessaire, les établissements auraient donc besoin d’avoir davantage de pouvoir pour animer le dispositif. Cette notion de projet existait déjà mais quasiment aucun collège RAR ne s’en était saisi.

− la stabilité des équipes : elle serait, selon lui, garantie par le profilage des postes qui implique d’adhérer au projet de l’établissement pour lequel on postule... ce que ne permet pas les affectations au barème.

− le préfet des études : il doit assurer la prise en charge globale de l’enfant et non seulement de l’élève, avec ses difficultés... au-delà de l’enseignement disciplinaire. Il faut dégager du temps à un enseignant ou à un CPE pour cette prise en charge.

Une nouvelle cartographie des ECLAIR

Les RAR ont vocation à devenir des ECLAIR. Quelques ajustements devraient être opérés. Le SNUipp a demandé la liste des établissements qui doivent passer en ECLAIR ; c’est la quasi-totalité des RAR. Mais certains, dont le classement RAR ne se justifierait plus, peuvent sortir du dispositif et certains établissements qui avaient été oubliés ou dont la situation a évolué négativement peuvent entrer dans les ECLAIR.

La DGESCO devrait arrêter la liste des établissements prochainement avant les opérations de carte scolaire. Elle devrait correspondre peu ou prou à la carte actuelle des RAR.

L’extension aux écoles est une réponse aux critiques formulées envers les 105 CLAIR qui faisait disparaître la notion de réseaux existant dans les RAR (« collège et les écoles du bassin »). Pour autant, les écoles seront entraînées malgré elles dans ECLAIR.

Normalement, rien des RAR ne doit disparaître dans le passage aux ECLAIR : ni les moyens, ni le fonctionnement en réseaux, ni les secrétaires de réseaux, etc... Un engagement qui méritera d’être précisément suivi et vérifié sur le terrain, en particulier concernant l’avenir des PE enseignants surnuméraires.

Qu’est ce que cela change pour les écoles primaires ?

Pour le premier degré, le passage ECLAIR ne devrait entraîner quasiment aucun changement, selon C. Nique :

- Les postes à profil et les contrats de 5 ans ne concerneront pas le premier degré. Quand cela existe dans certains endroits, c’est une pratique antérieure aux ECLAIR (les directions par exemple). A suivre.

- Les préfets des études ne devraient pas concerner non plus le premier degré, du fait de la polyvalence des PE qui couvre déjà la prise en charge de la globalité de l’enfant. Toutefois, c’est le terrain qui devrait décider en fonction des besoins locaux. Et comme cela sera effectué à moyens constants, le préfet d’étude devra être trouvé au sein du potentiel d’enseignants déjà en place. Ainsi, des établissements peuvent décider de transformer un poste d’enseignant référent en préfet des études. L’école primaire (qui n’aura pas de préfet d’étude) se verrait ainsi retirer un moyen remplissant des missions spécifiques et utiles à l’école.

Pourtant, les restrictions budgétaires peuvent avoir, elles, des incidences sur les ECLAIR.

Nouveauté dans le principe : jusque-là, le classement éducation prioritaire donnait des moyens supplémentaires, a priori aux établissements.

Désormais, ce n’est plus automatique : le critère ECLAIR donne le droit de plaider sa cause auprès des recteurs et des conseils généraux. Il n’y aura pas de cadrage national à la distribution des moyens, c’est le local qui décide.

La FSU a demandé qu’un bilan de l’expérimentation CLAIR soit réalisé, comme cela avait d’ailleurs été annoncé, avant toute généralisation.

Les enjeux immédiats

- Ce programme ne doit en aucun cas être l’occasion d’une dérégulation ! Nous allons intervenir auprès du ministère pour que soit confirmé le fait que le premier degré ne sera pas concerné par les postes à profil contractualisés sur 5 ans, ni par un recrutement des enseignants par les directeurs d’école. (Une intervention récente auprès du MEN a permis d’enrayer le profilage de l’ensemble des postes des écoles RAR dans un département.)

- Ce programme ne doit pas être l’occasion d’un démantèlement de l’Éducation prioritaire.

*L’approche sécuritaire ne peut tenir lieu de politique éducative en éducation prioritaire. La circulaire du 22 juillet n’est, sur ce point, pas satisfaisante.

*Les moyens affectés aux écoles ne peuvent être remis en cause... Néanmoins, l’attribution des moyens qui ne serait plus garantie par un cadrage national mais renvoyée aux seuls recteurs, génère de fortes inquiétudes.

Attention notamment à ne pas centrer à nouveau les moyens vers le second degré à travers par exemple la transformation des postes enseignants référents en préfets des études (même si ce n’était qu’une hypothèse de travail). Attention également à ce que les maîtres surnuméraires et les secrétaires de réseaux ne servent pas de variable d’ajustement dans une gestion budgétaire fortement contrainte.

*La stabilité de l’équipe peut se travailler par d’autres biais que celui du profilage : temps dégagé de formation spécifique ; conditions de travail améliorées (temps, effectifs de classe, plus de maîtres que de classes), ASA (allègement spécial de l’avancement) au bout de trois ans...

 

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