www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 90 | Territoire de Belfort

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : LE MÉTIER  / Formation initiale / Concours PE 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
18 mai 2010

20 MAI, JOURNEE NATIONALE SUR LA FORMATION

Dans l’académie, une audience sera demandée au recteur et sera suivie d’une conférence de presse.

ENSEIGNER, ÇA S’APPREND !

La formation des enseignants et leur recrutement sont l’un des leviers essentiels pour transformer l’école en profondeur. C’est ce qu’a bien compris le gouvernement qui met en place une réforme en cohérence avec sa vision libérale de la transformation du système éducatif.

Le gouvernement impose une formation successive : d’abord un master (Bac+5) entrecoupé en deuxième année des épreuves d’admissibilité et d’admission, appauvrissant la formation, suivi immédiatement d’une entrée dans le métier basée sur le compagnonnage.

Il se désengage de la formation professionnelle des enseignants en la renvoyant sur les futurs recrutés qui devront se former principalement hors temps de service. Il prétend recruter des enseignants experts dès la première année en investissant a minima dans leur formation initiale.

En supprimant l’année de stagiaire à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) et en affectant les lauréats en pleine responsabilité, sur des emplois de titulaires, le gouvernement économise des milliers de postes : le « gain » est estimé à environ 6000 postes à temps plein.

Rentrée 2010 : du « grand n’importe quoi » pour les stagiaires, les étudiant-e-s, les élèves !

Les nouveaux enseignants qui seront reçus aux concours 2010, portant essentiellement sur les connaissances disciplinaires, vont être sur le terrain à la rentrée. Ils ne sont pas encore dans le « système master » mais seront les premiers à en subir les conséquences… Leurs prédécesseurs bénéficiaient d’une année de formation professionnelle en IUFM (PE2 ou PLC2 /PLP2) avec un tiers ou demi-service devant élèves et un tutorat.

Dans le second degré, la plupart des Recteurs ont décidé d’affecter les lauréats des concours à temps plein et ont placé les périodes de formation en dehors du temps de service.

Dans le premier degré, les stagiaires ne devraient pas être en pleine responsabilité de classe en septembre – octobre, puis devraient être nommés sur des postes de remplaçants.

Dans les deux cas, la formation est pour l’essentiel basée sur un simple compagnonnage.

Les conséquences de la réforme seront nombreuses :

La suppression de toute référence nationale

Les inégalités territoriales vont être renforcées Les universités bâtissent les masters sans aucun cadrage national. Le cahier des charges de la formation, pourtant insatisfaisant notamment parce que le cadrage y était insuffisant, est même supprimé dans l’arrêté présenté au Conseil Supérieur de l’Education (CSE) en mai 2010 sur la formation des enseignants. Il n’y a même pas obligatoirement de coordination entre toutes les universités d’une même académie. Les recteurs font ce qu’ils veulent avec les moyens dont ils disposent. C’est la dérégulation totale. Sans cadrage national la préparation de certains concours risque de disparaître, principalement pour nombre de concours de l’enseignement professionnel.

Des étudiants en difficulté

En difficulté financière pour poursuivre leurs études, en difficulté universitaire pour mener de front études (master avec stages) et concours, mais aussi en difficulté professionnelle dans les établissements scolaires. En effet, le gouvernement proposera des stages en pleine responsabilité en master 2 et risque d’utiliser ainsi les étudiants pour remplacer des fonctionnaires-stagiaires pendant leurs périodes de formation ! L’année de fonctionnaire-stagiaire basée sur le compagnonnage Le ministère de l’Education nationale, qui au départ ne souhaitait aucune formation post-concours, a concédé l’an dernier – suite aux luttes – un tiers du temps de service consacré à la formation. Aujourd’hui, il refuse que ce temps de formation soit décliné sous forme de décharge hebdomadaire en décomptant le compagnonnage du tiers de temps. Pour lui, l’essentiel de la formation serait organisé hors du temps de service. Une formation post-concours sans l’IUFM, ni l’université Pour ne pas avoir à donner le tiers de formation, la simple circulaire qui y fait référence minimise volontairement le rôle de l’université dans l’année post-concours et reste évasive sur une partie qui aura lieu hors temps de service. Elle affirme que les formations sont mises en œuvre « sous l’autorité du recteur avec le concours des corps d’inspection, en s’appuyant sur les écoles et les établissements du second degré et en partenariat avec les établissements d’enseignement supérieur », dont on ne précise pas que ce sont les universités. La porte est ouverte aux organismes privés !

La FSU demande une remise à plat sur les bases suivantes :

- Un recrutement au même niveau pour tous, afin d’éviter le décrochage 1er degré / second degré /PLP.
- Une formation sur 6 années (master + entrée dans le métier) intégrant des éléments préprofessionnalisants dès la licence.
- Cette formation doit comporter des stages (observation, pratiques accompagnées, mises en responsabilité progressives).
- Des prérecrutements pour assurer la diversité sociale dans nos professions et compenser l’allongement des études d’une année. Cependant, les étudiants doivent pouvoir faire des choix tardifs et opérer des reconversions. Les concours doivent rester ouverts à tous.
- Un développement de la recherche en éducation et l’accès à la recherche pour les étudiants en master.
- Un développement de la formation de formateurs.
- Un cadrage national des masters et de la formation. Les nouveaux masters doivent permettre la poursuite d’études ou une réorientation.
- Une année de formation post-concours (année de fonctionnaire-stagiaire) pleine et entière en alternance, ce qui suppose un service d’enseignement réduit de 2/3.
- Des décharges pour les « tuteurs » dans les établissements et les maîtres-formateurs du premier degré.
- Le maintien et la rénovation des IUFM qui doivent piloter et coordonner la formation des enseignants au niveau d’une académie.
- Le maintien du potentiel de formation et des équipes pluri-catégorielles de formateurs.
- La mise en place d’une carte des formations garantissant le maintien des sites de formation et la préparation effectives de tous les concours.
- Le développement de la formation continue avec des possibilités de formation qualifiante dans une perspective de formation tout au long de la vie.

 

30 visiteurs en ce moment

*Top Salle 0.06, Maison du peuple, Place de la Résistance, 90020 BELFORT Tel : 09 51 55 19 09 / 06 52 90 66 26 Email : SNUipp-FSU 90
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 90 | Territoire de Belfort, tous droits réservés.