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1er mars 2010

LE BAISER DE LA LUNE, FILM FAIT POUR LES ENFANTS SUR L’HOMOSEXUALITE INTERDIT DANS LES ECOLES

L’interdiction par le ministre de l’éducation nationale de la projection du film d’animation le Baiser de la lune aux classes de primaire fait débat. Le collectif Éducation, regroupant notamment le SNUipp-FSU, la FCPE et l’Unef, a demandé à Luc Chatel de revenir sur sa décision, estimant que « c’est avant que les stéréotypes et les comportements discriminatoires soient intériorisés qu’il faut agir ». Vous trouverez dans cet article la BO du film et l’extrait d’un article du Monde du 13 févier sur cette affaire.

Pudibonderie contre le "Le baiser de la lune", Aline Louangvannasy, professeur de philosophie

A travers les propos du ministre et de certaines associations, de vieux démons nauséabonds remontent à la surface. Protégeons notre jeunesse ! Il est trop tôt au primaire pour parler de sexualité. Le problème, c’est qu’ensuite, au collège, il est trop tard, comme le constate le récent rapport remis par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) à la ministre de la santé concernant la contraception et l’IVG chez les mineures.

[...]

(L’homme) devra aussi apprendre à tenir compte du désir de l’autre, à l’accepter, à le reconnaître, à l’aimer. Pour cela, il devra apprendre à renoncer, quitte à rester insatisfait. C’est donc dans la recherche du plaisir, mais attention, nous dit la philosophie, d’un certain plaisir, que les hommes vont construire ce qu’ils sont, vont construire leur humanité.

Le problème n’est pas d’accepter que coexistent des normes hétérosexuelle et homosexuelle. Le problème, c’est d’abord d’apprendre à aimer. Pour Jacques Derrida, il n’y a pas de différence entre l’amour et l’amitié. Qu’un poisson-lune aime un poisson-chat ou une sardine, quelle importance ? Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque histoire d’amour est le résultat, où s’entremêlent un trajet et une histoire personnels, uniques qu’il s’agit de comprendre et d’assumer, et un apprentissage culturel. C’est pour cela que l’école a un rôle déterminant à jouer.

A l’école, l’enfant va découvrir ce que l’on appelle les humanités, l’art, la littérature, la philosophie et donner forme à son désir et à sa sexualité. Il ne s’agit pas simplement d’expliquer dans le cours de biologie l’anatomie humaine, le fonctionnement des organes génitaux, ou de se contenter de dire que la sexualité ce n’est pas le catalogue d’obscénités visionnées chaque jour par nos enfants à la télévision, mais d’expliquer que la sexualité, c’est la spécificité du désir humain qui construit une humanité épanouie et créative en l’homme, humanité qui fonde notre estime de soi et nécessite la reconnaissance de l’autre et des autres. Cela, monsieur le ministre, peut se faire dès le plus jeune âge.

Professeur de philosophie

Aline Louangvannasy

 

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