www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 90 | Territoire de Belfort

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : LE MÉTIER 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
16 octobre 2018

FORMATION INITIALE : L’APPEL DES 300

Se former pour enseigner : un droit, une exigence, une nécessité ! Signez la pétition !

Depuis le début de l’été et encore à cette rentrée, les annonces et les rapports se multiplient pour une énième réforme de la formation des enseignants (FDE), dont certaines mesures seraient à mettre en oeuvre dès la rentrée 2019 - le tout dans le contexte de la fusion des académies a priori effective le 1er janvier 2020.

Ces annonces inquiètent fortement les acteurs et les actrices de la formation que nous sommes.

Pour signer la pétition, c’est ici.

Il est en effet question :

de placer en responsabilité de classe des étudiants non formés : dès le M1 pour les admissibles au concours par exemple, et dès la L2 pour les étudiants qui seraient dans le dispositif de “prérecrutement” (en réalité, modification du statut actuel des Assistants d’éducation) ; de dissocier les parcours de formation pour les futurs enseignants des 1er et 2d degrés, de remettre en cause leur statut de fonctionnaire stagiaire pendant la formation (en décrochant admissibilité et admission sur des années différentes par exemple, en leur proposant d’être contractuels ou apprentis et non fonctionnaires stagiaires) ; de remettre gravement en cause toute possibilité de travail d’équipe au sein des masters universitaires en « réservant » la formation des lauréats (seront-ils encore “fonctionnaires stagiaires” ?) à des enseignants dits “de terrain”c’est-à-dire (pour le ministère) eux-mêmes en responsabilité de classe en école ou en établissement, en excluant les autres personnels actuellement affectés à plein temps dans les ÉSPÉ et les composantes ; cela revient à dire que l’employeur « choisit » les intervenants qu’il souhaite pour la formation ; de cadrer les contenus et les volumes des maquettes de master dès la rentrée 2019, sans discussion sur l’architecture d’ensemble de la formation (position du concours notamment), pour qu’ils correspondent mieux “aux attentes de l’employeur” ; de limiter encore davantage la parole des personnels et la voix de leurs élu-e-s déjà mineure dans les décisions de l’ÉSPÉ, en faisant nommer les directeurs d’ÉSPÉ par un comité piloté par le recteur et le président d’université composé seulement de trois personnalités extérieures ; de remplacer la structure des ÉSPÉ, créée il n’y a que six ans, par des “Instituts nationaux supérieurs du professorat”, sans que la raison profonde de ce changement ne soit explicitée et en supprimant même dans l’intitulé toute référence à l’éducation et à la formation.

Nous refusons ces mesures de liquidation déguisée !

On ne trouve, dans ces annonces, aucune volonté de la part de l’État-employeur de remettre en cause les modalités actuelles de stage, qui consistent à mettre en responsabilité de classe toute l’année des stagiaires en cours de formation (au contraire, les étudiants seront mis encore plus précocement en responsabilité !).

Les stagiaires sont considérés comme de simples moyens d’enseignement, l’employeur attend d’eux les mêmes compétences que celles des enseignants expérimentés. Or nous le savons tous, séparer les effectifs de stagiaires et les moyens d’enseignement, pour que les étudiants et stagiaires soient en “surnombre” dans les écoles et établissements, est un des leviers essentiels pour améliorer la formation, faciliter l’entrée dans le métier et la rendre moins brutale.

Les “réformes” qui sont annoncées entérinent un pilotage de la “formation” par le haut et par la lorgnette des ressources humaines. Cette approche s’anticipe déjà dans certains établissements et écoles, où des promotions entières d’élèves n’auront eu comme enseignants que des stagiaires en formation ou des contractuels mis en responsabilité dès la rentrée après seulement 1 à 2 journées de préparation à la « prise en main » de la classe.

Dans le même temps, le ministère annonce une diminution très importante du nombre de postes aux concours (2650 postes en moins pour le 2d degré, auxquels s’ajoutent les concours réservés qui ne sont plus ouverts - soit encore une perte de 2302 postes supplémentaires ; moins 400 postes d’administratifs, tandis que l’augmentation des postes dans le primaire ne couvrira même pas les dédoublements en REP).

Dans ce contexte, personne ne peut croire que l’objectif du ministère soit d’améliorer la formation : il s’agit bien plutôt d’en limiter encore plus le “coût”, en généralisant la contractualisation et la précarité.

Ces mesures attaquent de manière convergente les conditions mêmes d’une formation permettant de mettre les futurs enseignants en capacité de remplir leurs missions auprès des élèves : organiser les apprentissages, développer le sens critique, former les citoyens de demain, bref de remplir la fonction fondamentalement émancipatrice de l’école.

Pourtant, nous savons que ces missions nécessitent une formation universitaire et professionnelle de haut niveau, comportant une mise à disposition et une appropriation de savoirs disciplinaires, didactiques, pédagogiques, de sciences humaines et de l’éducation et une formation à et par la recherche, pour l’exercice d’un métier pluriel et complexe.

En lien avec les autres composantes universitaires, les ÉSPÉ se sont attachées à mettre en œuvre ces formations dans les masters MEEF, malgré de nombreuses difficultés et entraves. Aujourd’hui, elles font face au renouvellement croissant des mesures austéritaires depuis plusieurs années, au manque de personnels et de moyens, aux remises en cause permanentes de la compétence de leurs personnels, aux injonctions constantes du ministère à la réduction des maquettes, à la lourdeur des stages des fonctionnaires stagiaires qui obère leur travail réflexif.

S’affiche en outre désormais clairement une volonté ministérielle de limiter à nouveau les temps de formation universitaire, de s’attaquer au statut des professeurs permanents (en particulier les enseignants de statut 1er et 2d degrés, PRAG, PRCE, PLP, PREC) qui n’auraient plus la légitimité d’y enseigner, alors qu’ils ont construit des compétences spécifiques de formateurs d’enseignants ! Ceux-ci seront-ils alors déployés dans les composantes universitaires au risque de bloquer durablement les recrutements des dites composantes ? Ou contraints de retourner dans les lycées, collèges ou écoles ?

Il est inacceptable que soient imposées :
- une “réforme” supplémentaire précipitée et sans concertation des différents acteurs
- une “réforme” qui ferait l’impasse sur une réflexion sur la conception du métier, la définition d’objectifs de formation, l’architecture d’un continuum de formation ;
- une “réforme” qui aurait pour seuls objectifs l’économie et la mise au pas des formateurs et enseignants. Nous réaffirmons solennellement notre attachement :
- à des contenus de formation ambitieux pour tous les futurs enseignants, dans le cadre d’une formation universitaire et professionnelle sanctionnée par un diplôme de master, lequel ne peut pas se réduire à une adaptation immédiate à l’emploi (par du “compagnonnage” notamment) ;
- à l’inscription de cette formation dans une composante universitaire à part entière, dont le fonctionnement démocratique et universitaire soit respecté ;
- à l’institution de ces composantes comme lieu de constitution et d’exercice d’équipes réellement pluri-catégorielles : enseignants-chercheurs, maîtres formateurs, formateurs académiques, enseignants de statut 1er et 2d degrés, enseignants en temps partagés, personnels Biats - affectés en propre à la la composante ;
- à un stage d’un volume maximum d’un tiers temps en responsabilité progressive et pas en responsabilité dès le premier jour de l’année.

 

28 visiteurs en ce moment

*Top Salle 0.06, Maison du peuple, Place de la Résistance, 90020 BELFORT Tel : 09 51 55 19 09 / 06 52 90 66 26 Email : SNUipp-FSU 90
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 90 | Territoire de Belfort, tous droits réservés.